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Une bonne centaine de personnes sont venues
assister mardi 10 juin à la conférence "Regards français sur la
Norvège" donnée par Eric Eydoux. A l'appui d'une riche
iconographie, celui qui est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus
importants maillons de la médiation interculturelle
franco-norvégienne nous a brossé une rétrospective de la vision
portée par la France sur la Norvège à travers les âges. Abordant
tour à tour les domaines artistique, littéraire, politique ou
économique,
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Eric Eydoux > Parcours
Années soixante
1976- 1980
1983 Enseigne comme Maître de conférences en civilisation scandinave pendant 30 ans à l'Université de Caen
1987
1991
1997
1997
2000
2001
2003
2004-2008
2007
2008
> Oeuvres traduites du norvégien par Eric Eydoux Eric Eydoux a traduit une trentaine de romans et pièces de théâtre, notamment de Kjell Askildsen, Johan Borgen, Knut Faldbakken, Bergljot Hobaek Haff, Henrik Ibsen, Tove Nilsen, Tarjei Vesaas, Herbjørg Wassmo. > Ouvrage de référence
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Les Pirates Normands, Evariste Luminais,
1894
Étiquette camembert
Livre de Chasse de Gaston Phoebus, 1387
Le pavillon norvégien à l'exposition
Nansen en expédition au pôle Nord
Le Roi Haakoon et la Reine Maud 10 décembre 1905
Publicité Rasurel, 17 juin 1905
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"Que savez-vous de la Norvège ?" A en croire Eric Eydoux qui se plait à questionner son entourage, les Français ont fait de grands progrès ces dernières années ! Ils savent dorénavant qu'Oslo est une Capitale exempte d'ours blancs, qu'il n'y fait pas nuit toute l'année, et que les jeunes filles y sont blondes et jolies ! Plus sérieusement, il parle d'une lueur de fascination dans l'oeil du français à l'évocation de la Norvège qui cultive, dans notre représentation collective, une image de nature intacte et sauvage, bordée de fjords majestueux et baignée d'une lumière si particulière. Aujourd'hui, la Norvège, c'est aussi un idéal politique de démocratie tranquille, ce fameux "modèle scandinave". Un État providence qui se distingue encore par son NON à l'Europe. Côté librairies, la Norvège ne compte plus ses succès littéraires en France, notamment aux rayons des polars et des livres de jeunesse. La Normandie, berceau vivant des Vikings S'il y a bien une Région en France où le Viking est encore à toutes tables, c'est en Normandie ! Même certains camemberts en ont fait leur motif d'étiquette... et le Conseil Régional de Basse Normandie son logo ! On le sait, les Vikings de Normandie n'étaient pas tous originaires de Norvège, mais qu'importe ! Ils ont définitivement mis, dans notre imaginaire, leur empreinte d'hommes du Nord, cruels et sans pitié. Reprenant les témoignages épouvantés des contemporains, les illustrations en ce sens ne manquent pas, des romans aux tableaux (ci-contre "Les pirates Normands" par Evariste Luminais en 1894), en passant par les livres scolaires. Le Viking fascine par sa puissance... et finalement, s'est fait glorifier par une région qui porte encore les traces de son passage. Il suffit d'étudier la toponymie normande pour voir que les Vikings sont passés par là (le bec= bekk ruisseau en norvégien). Et Eric Eydoux de citer Chateaubriand "Lorsque la Barbarie envahit les civilisations, elle la fertilise par sa vigueur". Imagerie du chasseur Au XIV siècle, Gaston Phoebus, Comte de Foix (Béarn), considéré comme un des plus grands chasseurs de son temps, publie un "livre de chasse" dans lequel il consacre un chapitre illustré d'une belle enluminure à la chasse au renne qu'il aurait pratiqué en Norvège lors d'un de ses voyages en Europe du Nord (vers 1356). La vision des géographes et explorateurs
La situation géographique de la
Norvège reste jusqu'au XVIe siècle relativement imprécise. En
témoigne un atlas portugais datant de 1517 où la Norvège
est représentée de manière plus qu'approximative en Europe du Nord. Il faudra attendre les
géographes français et les frères Sanson pour que les côtes
norvégiennes se dessinent. Le Marquis de Torcy, neveu de Colbert,
rapportera de sa mission extraordinaire en Scandinavie à la fin du
XVIIe une riche iconographie des villes du Nord (notamment Oslo, Larvik, Arendal).
Un siècle plus tard, en 1795, le Duc d'Orléans âgé de 22 ans, fuyant
la Révolution Française sous le pseudonyme de Müller, voyagera avec
un de ses amis jusqu'au Cap Nord. Il séjournera en Norvège puis en
Finlande où il engendrera un fils, dont les descendants vivent
maintenant en Finnmark. Promotion de la Norvège à l'exposition Universelle
A la fin du XIXe siècle, la Norvège
entreprend une campagne de propagande pour affirmer son identité et
s'affranchir de la Suède. Elle ne lésine pas sur l'investissement
lors des expositions universelles de 1889 et 1900 où elle présentera son propre pavillon...
L'image médiatique de la Norvège Dès les années 1890, la presse française commence à s'intéresser à cette nouvelle petite nation qui va obtenir son indépendance. Une revue de presse fournie permet de cerner cinq grands pôles d'intérêts de l'opinion française pour la Norvège. Côté musique, Grieg enchante la critique qui dit de lui qu'il est "l'incarnation vivante de la Norvège". Lui aussi s'engage politiquement dans l'affaire Dreyfus et refuse de donner une représentation pour la cause. Dans le domaine littéraire, la France découvre les grands auteurs, Bjørnstjerne Bjørnson et surtout Ibsen. Le tout-Paris se bouscule pour aller voir Le Canard Sauvage, Rosmersholm, ou La Comédie de l'Amour. D'autres dramaturges, moins célèbres à Oslo, remportent un grand succès à Paris comme La puissance du mensonge de Bojer Johan, auteur du Dernier des vikings.
L'exploration des pôles sur le bateau
Fram passionne l'opinion publique. Nansen du retour du
pôle Nord, puis Admunsen quelques années plus tard du pôle Sud
seront glorifiés, et considérés comme héros modernes. Nansen met à
profit sa notoriété pour jouer, plus tard, un rôle d'importance au sein de la
Société des Nations. Sur le plan politique, la Norvège nouvellement indépendante s'affranchit de la Suède et installe sa monarchie (ci-contre en 1905, la Une du Petit Journal). Parallèlement, la France s'intéresse de très près au développement de l'hydroélectricité. Pendant la seconde Guerre mondiale, l'opération militaire de Narvik fera couler beaucoup d'encre, montrant le peuple norvégien sous les bombardements des nazis. "En Norvège, les aviateurs nazis ne se sont pas contentés de bombarder les objectifs militaires, de s'opposer au débarquement des Alliés en attaquant bateaux de guerre (...). Ils ont bombardé et mitraillé des villages vides de troupes, des villes sans défense, des hôpitaux même, semant la terreur, la désolation et la mort parmi la population civile (...) Les habitants, pour échapper au danger n'avaient d'autres ressources que de s'enfuir dans les forêts par une température des plus rigoureuse, de passer des jours et des nuits sur le sol couvert de neige, tandis que le ciel rougeoyait des incendies" (Match, 9 mai 1940). Quelques années plus tard, vers 1970, c'est l'émancipation féminine qui intéressera les médias français, et la presse de titrer "Les amazones existent, je les ai vues en Norvège" ! Tout au long des dernières décennies, la presse consacre naturellement de nombreux articles à la nouvelle puissance pétrolière mais analyse aussi plusieurs autres aspects de la Norvège contemporaine : un système démocratique profondément ancré dans les moeurs du pays, le rôle de médiateur joué par les diplomates norvégiens, la religion et l'environnement, ou encore son refus d'être dans l'Union européenne. Enfin, Eric Eydoux évoque-t-il divers romans français où est évoquée la Norvège, en particulier Han d'Islande de Victor Hugo, Séraphita de Balzac, Un billet de lotetie de Jules Verne, Jérôme 60° latitude Nord de Maurice Bedel (Prix Goncourt 1927) et Convoi pour la Norvège de Henri Quéffelec.
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