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Entre Montmartre et les Grands Boulevards, c'est dans un Paris chantant et virevoltant que nous a transportés Gérard Kunian, spécialiste des arts populaires. A travers l'histoire des plus célèbres cabarets et cafés-concerts parisiens, parmi lesquels Le Moulin Rouge ou les Folies Bergère, nous sommes partis en goguette sur les traces de chanteurs en tous genres - gambilleuses, gommeuses, scieurs et revanchards. Au gré de quelques extraits chantants, cette promenade d'un soir nous aura permis de redécouvrir l'effervescence d'un Paris du XIXe siècle, dont Toulouse-Lautrec nous fournit un témoignage bien vivant. Suivez le guide ! |
Chacun son genre
! > Le "quadrille naturaliste", alias le French cancan
. Le quadrille naturaliste apparait sur les planches du Moulin Rouge vers 1890, avec en meneuse La Goulue et ses trois comparses : Jane Avril surnommée Jeanne la Folle, la Môme Fromage appelée ainsi en raison de son jeune âge, Grille d'Egoût connue pour son goût du chahut, Nini Pattes en l'Air. Seul homme du quadrille : Valentin le Désossé qui n'aura jamais son pareil pour faire danser les filles. > Ouvrage de référence «Music-hall et café concert» d'André Sallée et de Philippe Chauveau (Bordas)
La Goulue et
Toulouse Lautrec
http://www.dailymotion.com/
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Quel est le point commun entre le
« quadrille naturaliste » -qui donnera naissance au fameux French
cancan-, et les revues d'aujourd'hui proposées par le Lido ou le Crazy Horse ? La scène, et ce qui fait que Paris est un spectacle
permanent. Même si notre conférencier, Gérard Kunian nous aura
confié trouver ce nouveau genre « plaisant mais par trop
formaté, à l'instar de la cuisine internationale versus
traditionnelle», il
n'aura pas manqué de les citer à la fin de son parcours historique,
comme un héritage moderne d'une culture de spectacles vivants du
XIXe siècle.
Il faudra attendre le début du XIXe
siècle, sous Louis Philippe, pour voir renaitre l'esprit des cafés
chantants. L'Alcazar d'été, près des Champs Elysées (aujourd'hui devenu le Pavillon Gabriel, studio d'enregistrement télévisé utilisé par Michel Drucker) est créé en 1860 par Arsène Goubert, déjà propriétaire de l'Alcazar d'hiver (bd Poissonnière). Y seront programmés les grands noms de l'époque : Theresa , Paulus, Polin, Mistinguett, Yvette Guilbert....Le répertoire est souvent stupide, les textes coquins voire grivois mais la diction est parfaite ! Sur les grands boulevards, du côté de la Porte St-Martin, l'Eldorado (aujourd'hui la Comedia) programme encore Mistinguett, Guilbert, ou encore Félix Mayol. Ce dernier, avec son allure efféminée rehaussée d'une coiffure en « toupette », se classe parmi les chanteurs de charme (voir encadré). Sa popularité le conduira à poser dans les réclames de Félix Potin. Au centre de Paris, les Folies Bergère (du nom de la rue éponyme toute proche) ouvrent au public dans les années 1870 après plusieurs années de travaux. L'endroit est spacieux et comporte en outre un promenoir et un grand jardin d'hiver. Ce sera le premier établissement du genre pour lequel il faudra payer l'entrée. On pourra y boire, fumer, fréquenter les femmes de petite vertu...tout en profitant d'attractions spectaculaires comme la Belle Fatma, « visible sans supplément » ou « l'homme de fer qui soulève un cheval . L'américaine Loïe Fuller y débutera sa carrière en créant une chorégraphie originale, mêlant la lumière aux voiles de ses robes. Autre grande artiste à y faire preuve d'originalité à partir de 1926 : Josephine Baker et sa revue "nègre" dansant sur des rythmes de Charleston habillée d'un pagne de bananes. Américaine, ayant quitté très jeune sa famille, elle débute en fait à Paris au Théatre des Champs Elysées avec son spectacle mêlant comique, bêtes sauvages et nudité. Son engagement politique contre le nazisme et son féminisme d'avant-garde feront également sa notoriété.
La Scala, proche de l'Eldorado,
aura un destin plus triste, devenu aujourd'hui cinéma pornographique.
Dans ses jours de gloire, de grands noms de la chanson s'y
produisaient comme Polaire, célèbre gommeuse à la diction impeccable
ou Polin en chanteur patriotique interprétant sa « revue du 14
juillet ».
Autre salle, une des rares située rive
gauche, le Paradis latin,
à l'origine le Théâtre
latin dans le quartier du même nom. La clientèle y est différente des
autres caf-conc : ici se côtoient artistes, intellectuels, étudiants,
ouvriers, commerçants et aristocrates ne dédaignant pas
s'encanailler. Détruit par un incendie pendant la guerre contre les
Prussiens, le théâtre sera rénové par Gustave Eiffel, en 1887. En
pleins préparatifs pour l'Exposition universelle de 1889, il conçoit
un bâtiment à l'élégante armature métallique qui sera rebaptisé
Paradis latin à son ouverture. Yvette Guilbert y sera une figure de
proue. Mais l'emplacement rive gauche fait du tort au Cabaret. La
salle sera pendant plusieurs années transformée en entrepôt jusqu'à
ce que Jean Kriegel en 1977 la restaure complètement et lui redonne
sa vocation initiale de salle de spectacle.
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