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![]() BIO EXPRESS
Germaine Necker,
Née le 22 avril 1766
Épouse en 1786
Assiste en 1789 à l'ouverture
Au cours de la Révolution Française, elle occupe une place
d'influence
Veuve en 1802,
Elle meurt en 1817
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Kåre Tønnesson, historien et enseignant à
l'Université d'Oslo
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«Cette femme a été ma compagne pendant 5 ou 6 ans ». C'est ainsi qu'a introduit Kåre Tønnesson sa causerie sur Madame de Staël ! Femme brillante et d'exception, elle est connue pour être l'auteure de deux grandes oeuvres romanesques mais se revendiquait surtout pour ses écrits d'analyses, à cheval entre les Lumières et le Romantisme. Hôtesse de salons à Paris, Coppet ou Stockholm, elle déployait en son temps un immense talent pour cultiver les réseaux politiques, sociaux et littéraires qui faisaient influence. En pleine époque révolutionnaire, elle luttait pour le libéralisme et la liberté plutôt que pour l'égalité.
Germaine Necker,
malgré ses qualités intellectuelles indéniables, était une femme
psychologiquement fragile et sujette à la mélancolie. D'après les
nombreuses lettres d'archives écrites de sa main, on retrouve en
permanence un très grand besoin d'amour. Mais un amour au sens de la
« réunion des âmes » plutôt que des corps. Ses lettres restent en
effet très pudiques sur sa vie intime. Avec beaucoup d'humour,
Kåre Tønnesson nous dévoile la citation la plus osée qu'il ait trouvée au
cours de ses recherches. Au lendemain d'une aventure avec un de ses
amants, on lit dans ses écrits, pour toute allusion à une liaison
qu'elle venait de consommer « je vois ta belle tête sur le
coussin ». Et Kåre Tønnesson de conclure sur le chapitre :
« voilà pour le sexe ! ». Une femme éloquente... et critiquée Habituée très jeune à fréquenter le monde des adultes et les salons de sa mère, elle disait d'elle-même que la nature l'avait créée pour la conversation. Femme charismatique et dominatrice, elle avait un véritable talent d'oratrice qui lui valait d'être à la fois écoutée mais aussi commentée voire critiquée. Beaucoup de documents d'époque font mention de ses interventions avec parfois des remarques sans complaisance; Ainsi peut-on trouver en guise de témoignage d'une vieille dame à son sujet «elle possède une assurance dont je n'ai vu de pareil chez personne quel que soit leur âge et position. Elle raisonne sur tout à tort et à travers et bien qu'elle ait beaucoup d'esprit on peut compter vingt remarques mal placées pour chaque bien trouvée». Pour autant, elle créait souvent l'admiration : le frère de Napoléon, Joseph, se disait électrifié à sa vue, Benjamin Constant, son futur amant dira quant à lui « elle est un être suprême, si grand qu'on en trouve qu'un seul par siècle ». En réalité, elle est en avance sur son temps et bouscule les conventions selon lesquelles la femme doit se contenter d'être aimable ! Son livre « De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales » est reconnu mais critiqué dans la revue Mercure en tant que production féminine, à une époque où la littérature d'analyse est réservée aux hommes, les femmes devant se consacrer aux romans et aux vers. Lord Byron dira d'ailleurs d'elle qu'elle aurait du être homme ! Ses relations, même les plus fidèles restent ambivalentes. Ainsi, même son vieil ami Jean Bernadotte dira à l'Amiral venant lui apprendre son décès, « Que le bon Dieu laisse son âme en paix ». Et l'Amiral de répliquer « Dites plutôt sire, que son âme laisse le Bon Dieu en paix ! »
Germaine Louise Necker est née à Paris en 1766 de parents suisses. Son père Jacques Necker était venu de Genève travailler à Paris chez un banquier. Il connu une brillante carrière dans la finance. Il avait des ambitions littéraires et écrivait sur la politique, l'économie et la morale. Il rencontre sa femme Suzann à Paris, elle aussi venue de Suisse vaudoise. Douée et bien éduquée par un père pasteur, elle accède par son mariage à la haute bourgeoisie. Mais son mari freine ses ambitions littéraires (ses manuscrits ne seront publiés par son mari qu'après son décès). Elle se consacre alors à la carrière politique de son mari en ouvrant un des salons parisiens les plus courus avant la Révolution et cultive ainsi les réseaux influents.
D'un tempérament assez raide, Suzann Necker donne à sa fille unique, Germaine, une éducation très stricte. Dès 6 ans, Germaine vit dans le salon de sa mère où elle se tient sagement à écouter les conversations des adultes. Elle apprend très tôt le latin, l'anglais et à l'âge de 12 ans lit les grands auteurs comme Montesquieu, Voltaire ou Rousseau. A 14 ans, elle fait une crise de nerfs et est envoyée à la campagne pour être éloignée de sa mère. Toutes deux ont en effet des rapports difficiles et Suzann, malgré le succès remporté plus tard par sa fille, dira d'elle « Ce n'est rien, à côté de ce que j'aurais voulu en faire ».
L'éducation de Germaine est alors prise en charge par son père qui, à l'opposé de sa femme, ne se prive pas de plaisanteries. Germaine exprime dans son journal intime un grand besoin d'amour envers ce père qu'elle vénère « J'aurais voulu l'aimer comme un amant, mais je me comporte quand même comme sa fille ». Elle dira sur son lit de mort qu'elle l'avait vu en rêve, aux côtés de Dieu.
Les parents Necker ont bien du mal à trouver un mari à leur fille. Ils veulent nécessairement un gendre protestant et riche. Le premier candidat à se présenter -alors que Germaine n'a que 13 ans- est son futur époux, un certain De Staël-Holstein. D'autres prétendants se présentent à la famille, intéressés par la fortune des Necker. Le suèdois, Axel de Fersen, retient l'intérêt des parents, mais lui refuse, amoureux d'une autre. William Pitt est pressenti mais Germaine ne veut quitter Paris. C'est finalement Erik de Staël, qui l'épousera en 1786 mais sous certaines conditions : que Gustave III garantisse à Erik une carrière à Paris et qu'il le nomme Baron. Ce n'est pas un mariage d'amour, elle dira de lui « c'est celui que je préfère de tous les hommes que je n'aime pas ». Le mariage n'est pas heureux, d'autant qu'Erik aime sa femme mais n'a, en retour, que son estime. Il devient violent, jaloux et leurs relations se dégradent. Germaine, au grand dam de sa mère, prend un premier amant. A la suite de sa mère, elle ouvre un salon où elle réunit de nombreux penseurs, politiques qui défendent l'idéal libéral américain. Pendant la Révolution Germaine assiste à l'âge de 20 ans à l'ouverture des États Généraux. Très vite sa situation devient délicate car elle soutient l'idée d'une monarchie constitutionnelle. Elle reste néanmoins le plus longtemps possible à l'ambassade de Suède à Paris et aide ses amis à fuir en Angleterre. Elle est arrêtée en voulant quitter Paris mais sera sauvée par d'anciens amis devenus révolutionnaires. Elle est contrainte de quitter la France en 1793 et vivra l'exil en Angleterre. Napoléon et l'exil Elle admirait Napoléon comme républicain et saluait sa carrière. Elle le rencontre à plusieurs occasions et lui envoie de nombreuses lettres. Lui garde ses distances, il la trouve hystérique. Il craint l'influence de son salon qui réunit des gens hauts placés. Il craint même la conspiration avec Bernadotte. Il la fait exiler en dehors de Paris, puis de France. Elle se réfugie dans le château familial en Suisse et créée le Groupe de Coppet. Veuve en 1802, elle se remarie avec un jeune officier De Rocca, après avoir vécu une passion déçue avec Benjamin Constant. Interdite de publication par Napoléon en 1810 pour son ouvrage De l'Allemagne, elle finit par fuir pour Londres avec ses enfants, son nouveau mari et leur percepteur Schlegel, puis va à Moscou, St-Pétersbourg et enfin en Suède voir Bernadotte qu'elle soutient contre Napoléon. Retour à Paris
Après la capitulation de Napoléon, elle revient à Paris où elle
reprend son activité de Salon dont le succès est immédiat. Les
foules internationales s'y retrouvent et elle s'engage dans la
politique. Paralysée suite à une attaque cérébrale, elle décède un
14 juillet et sera enterrée à Coppet aux côtés de son père. |
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BIBLIO |
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Madame de Staël, en høyst uvanlig kvinne Par Kåre Tønnesson |
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