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Des villes refuges pour les hommes de plume |
Le réseau ICORN
Le réseau des villes refuges a
été créé en 1994 à l'initiative du Parlement international des écrivains.
Les villes qui adoptent la charte Icorn s'engagent à loger
gracieusement et à subvenir aux besoins d'un écrivain en exil et de
sa famille pour une durée de 1 à 2 ans. Ce réseau compte
actuellement 20 villes, dont 9 en Norvège
Pour en savoir plus
Le destin tragique
La soirée n'a pu se terminer sans
évoquer l'histoire tragique d'Anna Politkovskaïa, que Kjell Olav
Jensen connaissait personnellement. Principale journaliste
russe anti-Poutine, dénonçant sans relâche la corruption du système
et la politique en Tchétchénie, elle a toujours refusé les
propositions d'accueil en exil et a choisi de rester fidèle à sa
mission, malgré la terreur, la torture, les tentatives
d'empoisonnement ... |
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Kjell Olav Jensen Journaliste, auteur, traducteur (notamment "Une suite française" d'Irène Némirovsky, ou "L’Elégance du hérisson" de Muriel Barbery) il a été pendant plus de 10 ans Président du Centre PEN Norvégien et membre fondateur de l'ICORN
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Le mouvement "PEN" fêtera bientôt ses
100 ans. Cent ans au service de la liberté d'expression, droit
fondamental de l'homme dont l'article 19 de la Déclaration
Universelle des Droits de l'hommes fait mention. A ce jour, le PEN est une association qui compte environ 140 centres dans le monde et enregistre environ 15 000 membres. Comparativement à d'autres associations humanitaires comme Amnesty international qui compte environ 60.000 membres en Norvège, le réseau PEN est donc une "petite" organisation. Pour y adhérer, il faut être un professionnel de l'écriture, écrivain, journaliste, éditeur...L'acronyme "PEN" signifie «Poets, Essayists and Novelists» ou encore «Poets, Editors and Novelists». Le Centre PEN norvégien, créé en 1992, compte 400 membres adhérents et se classe au 5e rang mondial derrière le Japon, les USA, l'Allemagne et la Grande Bretagne. Quatre comités fonctionnent au plan international et se partagent les domaines d'intervention : le Comité des Écrivains en Prison, le Comité des Écrivains pour la Paix, le Comité des Femmes Écrivains, et le Comité de la Traduction et des Droits linguistiques. Un Parlement international pour les écrivains En réaction à la fatwa lancée en 1989 par Khomeiny contre Salman Rushdie pour la publication des Versets sataniques, le monde littéraire lance en 1993 l'idée d'un Parlement international des écrivains. De nombreux "nobélisés" y prennent part, notamment le nigérian Wole Soyinka. Dans leur revue littéraire "Autodafé", ils publient en trois langues les textes interdits dans les pays oppresseurs. Ce "parlement" décide en outre de créer un réseau de "villes refuges" qui pourrait accueillir les écrivains en danger. Le système fonctionne bien mais l'association rencontre des problèmes de financement et fait faillite en 2003. C'est, le souligne Kjell Olaf Jensen, "un rare exemple dans l'histoire où un Parlement fait faillite !". Malgré cette faillite, l'idée de poursuivre la construction d'un réseau de "villes refuges" n'est pas abandonnée. Avec l'appui de trois villes pilotes (Stavanger, Kristiansand et Oslo), le réseau ICORN (voir ci-contre) est créé en 1994. Il s'agit d'une association indépendante qui propose aux villes candidates d'adopter une charte d'accueil. Quelques plumes libérées Un des premiers bénéficiaires du réseau ICORN fut l'écrivain journaliste africain Chenjerai Hove, en exil pour avoir critiqué la politique du président Mugabe au Zimbabwe. D'abord réfugié en France à Rambouillet en région parisienne, il doit quitter le territoire suite au non renouvellement de son permis de séjour. Il est alors accueilli à Stavanger en Norvège où il a désormais élu domicile. Il enseigne actuellement aux États-unis et a reçu, pour son travail, déjà plusieurs prix littéraires. Autre destination de la soirée-conférence, le Nagaland. Un petit État du Nord-Est de l'Inde proche de la Birmanie qui réclame son indépendance. Easterine Kiri Iralu, poétesse, écrivain, journaliste et enseignante, milite pour l'indépendance de cet état mais ne se retrouve pas dans le mouvement séparatiste terroriste qui le réclame. Prise entre deux feux, elle doit s'exiler à partir de 2005 et bénéficie de l'hospitalité de Tromsø, suite à sa rencontre en 2004 avec le Prince Haakon. Elle y enseigne aujourd'hui à l'université et enrichit ses talents de conteuse de la tradition musicale laponne (joik). En Russie cette fois, avec comme toile de fond la guerre contre les tchétchènes et l'histoire d'Islam Elsanov, réalisateur cinéaste. Dans un premier temps pris en charge par le PEN russe, sa sécurité à Moscou n'était plus assurée. Le réseau ICORN l'accueille alors à Stavanger pendant 6 ans. Il poursuit aujourd'hui son travail de cinéaste à Oslo. Islam Elsanov permettra également à un de ses amis tchétchène, Musa Mutaev de bénéficier du programme ICORN. D'abord réfugié dans les camps tchétchènes, puis arrêté deux fois et torturé, il finit par trouver refuge à Trondheim où il arrive en avril 2004. Il est aujourd'hui Président du Pen tchétchène dont le siège est à Trondheim. Il vient de sortir un roman "dans l'ombre de Kunta" (Kuntas skygge") présenté au Salon du Livre de Frankfort, déjà traduit en italien et en cours de traduction anglaise. Il est nominé pour le prochain prix Nobel de littérature ! L'Irak. Un des endroits de la planète où l'exercice de la liberté d'expression est la plus périlleuse. Qu'il s'agisse de journalistes, de traducteurs ou d'auteurs, la liste des plumes en danger est longue. Aujourd'hui, trois Irakiens vivent en Norvège : Basim Mardan à Skien, Nada Yousif à Molde, Salah S. Ali à Kristiansand. Et ce n'est pas tout. Partout dans le monde où le danger s'avère omniprésent, le PEN tisse des liens et tente de sauver des vies : à Kaboul en Afghanistan, au Tibet, en Chine... Côté villes-refuges il faut encore aller convaincre les municipalités de s'engager dans cette voie. La France, sortie du dispositif suite à la "faillite" du Parlement international des écrivains, pourrait bientôt rejoindre le dispositif avec la Ville de Lyon, nous confie Kjell Olav Jensen.
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EN SAVOIR PLUS |
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http://www.internationalpen.org.uk/internationalpen/ http://www.norskpen.no/en/asylum.shtml
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